• Site Acc 4

Qu'il pleuve ou non, la vie reste précaire

Présente au Niger cet été, Françoise Boëgeat - Présidente de Talam Léman -  a pu constater d’autres réalités d’un quotidien difficile. « Finalement, la chaleur était supportable. Il ne faisait que 30 °C à Niamey à mon arrivée alors que Roissy affichait 33 °C ! ».

Ce qui l’a agréablement surprise c’est la verdoyance de la brousse : les pluies nourrissent les graines enfouies dans le sol prêtes à pousser. « Un petit manteau vert habille les zones humides et c’est la joie des troupeaux et des éleveurs ». Plus qu’en d’autres instants on se souvient du proverbe « Aman Iman » (l’eau c’est la vie).

 
Cependant, la pluie peut être forte et durable. En ville ou en zone rurale, la situation peut rapidement devenir délicate. A Niamey, la collecte des eaux pluviales est problématique. Les boulevards ressemblent pour quelques heures à des rivières. Les voitures s’enlisent dans les eaux troubles. « Ne demandez pas à vos amis un parapluie : ils en riront ! Ici, c’est bienheureux de se faire arroser la tête ! ». Dans la région d’Agadez, Françoise a pu vivre au rythme des aléas climatiques. « L’été, la montée des eaux crée des incertitudes. J’ai vécu quelques scènes cocasses classiques : l’immobilisation du 4x4 dans la glaise d’un passage routier ; l’impossibilité de traverser le kori Telwa repoussant de plusieurs jours notre retour à Agadez ; les salutations de familles, d’un bord à l’autre de la rivière temporaire».

 

La route RTA (Tahoua/Arlit), seule grande route goudronnée de la région, continue à se dégrader. En nombreux endroits elle est impraticable et oblige à de grands détours. Les bus ne peuvent pas circuler aisément. Les habitants sont résignés car rien ne change et ils sont obligés de s’adapter.     

                                                              

Cette période de l’année, dite « de soudure », est aussi un moment redouté pour la plupart des familles du secteur rural qui attendent les retombées à venir de leurs ventes (produits des jardins ou d’animaux). A Tchirozérine, Françoise a assisté à une permanence du Maire, Issouf Maha. « Ce matin-là, durant les 2h où je suis restée dans son bureau, j’ai vu défiler une trentaine de personnes. Les gens entraient par deux ou trois et venaient exposer brièvement leur situation. Hommes, femmes, jeunes ou plus âgés, chacun venait chercher un coupon pour l’achat d’un sac de mil à prix réduit et certainement une écoute. Tous ces gens étaient dignes en évoquant calmement et avec gravité leurs soucis. J’ai perçu la masse des  attentes envers la collectivité, elle-même bien démunie pour répondre et sélectionner les plus vulnérables des vulnérables. Le Niger est classé pour 2018 au dernier rang de l’IDH».

Mots-clés: Voyage Niger

Lettre d'information

Inscrivez-vous à notre lettre d'information pour être tenu au courant de l'actualité de l'association.